Rimbaud

 Rimbaud


_Où M. découvre que le romantisme, le vouvoiement et le stage BAFA, ça ne va pas très bien ensemble_
_Où M. découvre que le romantisme, le vouvoiement et le stage BAFA, ça ne va pas très bien ensemble_
_Où M. découvre que le romantisme, le vouvoiement et le stage BAFA, ça ne va pas très bien ensemble_

Ou comment faire un mélange de larmes, osciller entre spleen baudelairien et mélancolie, mourir de honte sous le poids de la réalité et affronter sa propre conception de la jalousie. Dans cet état de doute. Je doute. Est-ce que finalement je ne devrais pas m'abstenir d'être tendre et de jouer un trop grand rôle trop tôt sous les traits d'un poète ? Je regrette d'avoir oublié. Stupide mémoire utopiste. Et finalement tout finit mal. Oliver sur mon dessin a le même visage que moi. J'attends d'avoir mon Verlaine au téléphone. J'aimerais tellement dire que je n'ai pas mal...

# Posté le samedi 21 mars 2009 14:07

Modifié le lundi 23 mars 2009 15:36

Malaise

 Malaise


_____Où M. constate sa pitoyable condition physique (ça ferait plaisir à sa prof de sport, tiens !)_____
_____Où M. constate sa pitoyable condition physique (ça ferait plaisir à sa prof de sport, tiens !)_____
_____Où M. constate sa pitoyable condition physique (ça ferait plaisir à sa prof de sport, tiens !)_____

Il y a une erreur quelque part en moi. "Je me sens abîmé". Tout ce que je suis me blesse. Je me sens brisé par ma propre imperfection... Je saigne. Je saigne. Je saigne. Je saigne...! Maman je ne suis pas ce qu'il faut être...

# Posté le dimanche 22 mars 2009 16:01

Modifié le lundi 23 mars 2009 15:40

Ecoeurement

 Ecoeurement


_______Où M. confirme qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des raisons conscientes pour pleurer_______
_______Où M. confirme qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des raisons conscientes pour pleurer_______
_______Où M. confirme qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des raisons conscientes pour pleurer_______

. . .__C e__q u ' e n__d i s a i t__l a__M o r t__. . .

____________« Je souffle dans mes mains pour les réchauffer. Mais comment ne seraient-elles pas glacées quand les âmes ________________frissonnent encore ? Dieu ! Quand j'y pense, c'est toujours ce nom qui me vient. Dieu ! Deux fois. Je ___________________prononce Son nom dans une vaine tentative pour comprendre. "Mais ton rôle n'est pas de comprendre". C'est moi ______________________qui fais la réponse, car Dieu ne dit jamais rien. Vous croyez être la seule personne à qui Il ne répond pas ? »

_______________________________________________________________________Markus Zusak, La Voleuse de Livres


___________________________________________________________________________________________________

. . .__A m o u r__t r a g i q u e__. . .

____________« Sur un plat d'argent à l'achat duquel trois générations ont contribué, le saumon arrive, glacé dans sa forme natuve. ____________Habillé de noir, ganté de blanc, un homme le porte, tel un enfant de roi, et le présente à chacun dans le silence du dîner ____________commençant. Il est bien séant de ne pas en parler.

_______________De l'extrémité nord du parc, les magnolias versent leur odeur qui va de dune en dune jusqu'à rien. Le vent, ce soir, est _______________du sud. Un homme rôde, boulevard de la Mer. Une femme le sait.

__________________Le saumon passe de l'un à l'autre suivant un rituel que rien ne trouble, sinon la peur cachée de chacun que tant de __________________perfection tout à coup ne se brise ou ne s'entache d'une trop évidente absurdité. Dehors, dans le parc, les magnolias __________________élaborent leur floraison funèbre dans la nuit noire du printemps naissant.

_____________________Avec le ressac du vent qui va, vient, se cogne aux obstacles de la ville, et repart, le parfum atteint l'homme et le _____________________lâche, alternativement.

________________________Des femmes, à la cuisine, achèvent de parfaire la suite, la sueur au front, l'honneur à vif, elles écorchent un ________________________canard mort dans son linceul d'orange. Cependant que rose, milleux, mais déjà déformé par le temps très court ________________________qui vient de se passer, le saumon des eaux libres de l'océan continue sa marche inéluctable vers sa totale ________________________disparition et que la crainte d'un manquement quelconque au cérémonial qui accompagne celle-ci se dissipe ________________________peu à peu.

___________________________Un homme, face à une femme, regarde cette inconnue. Ses seins sont de nouveau à moitiés nus. Elle ajusta ___________________________hâtivement sa robe. Entre eux se fâne une fleur. Dans ses yeux élargis, immodérés, des lueurs de lucidité ___________________________passent encore, suffisante pour qu'elle arrive à se servir à son tour du saumon des autres gens.

______________________________A la cuisine, on ose enfin le dire, le canard étant prêt, et au chaud, dans le répit qui s'ensuit, qu'elle ______________________________exagère.
»

_______________________________________________________________________Marguerite Duras, Moderato Cantabile


____________________© portrait de Nicola Sirkis, gouache et acrylique (2008)____________________

# Posté le mardi 24 mars 2009 16:19

Modifié le jeudi 26 mars 2009 09:07

Stradivarius

 Stradivarius


_____________________Où M. commence à ne plus rien comprendre_____________________
_____________________Où M. commence à ne plus rien comprendre_____________________
_____________________Où M. commence à ne plus rien comprendre_____________________

Qu'est-ce que je voulais être, déjà ? Ah oui. Une sorte de héros moi aussi. Je voulais créer un monde où emporter les enfants que la vie blesse beaucoup trop tôt. Enfants de cinq ans. Enfants de dix-sept. Enfant de cinquante ou de quatre-vingts ans. Enfants aux grands yeux clairs de poète ou aux grands yeux sombres d'outre-tombe. Je voulais. Oui. Mais je crois que j'échoue. Je suis un mauvais exemple. Je les effraie. Je projette sur eux mes peurs et mes douleurs. Qui voudrait d'un Peter Pan non seulement féminin, mais en plus si aigri qu'il imposerait sans nul doute dans son monde tant de contraintes qu'il serait impossible d'y vivre ? Je fais partie de ceux qui regardent la vie avec un goût amer dans la bouche, comme après un sommeil de plusieurs milliers d'années. Je voulais établir un monde quelque part aux frontières de l'imaginaire et de la réalité. Un lieu où tous ces enfants qui saignent pourraient ouvrir les yeux sans crainte d'une quelconque gifle. J'inventais une autre existence à ces enfants, priant pour leur innocence face à ma laideur. Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Mon Dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Maintenant que j'approche de l'âge où je pourrais être pédophile. Je regarde en moi et je me dis "tu ne leur apporteras plus jamais rien".


[ Puis-je me permettre un récit ? Parfois les mails sont surprenants. C'est une histoire vrai...
Edward, je me suis dis que tu aimerais lire ça pour patienter encore un peu...
]

" Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station « L'Enfant Plaza » du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier 2007.
Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur boulot.
Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar: en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Quelques minutes ensuite, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard.
Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.
Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Quand il a eu fini de jouer, personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi. Seule une personne l'a reconnu sur plus de mille personnes.
Personne ne savait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars. Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était «sold out» avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.
C'est une histoire vraie. Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisé par le «Washington Post» dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. Les questions étaient: dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?
Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être: si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses passons-nous ? "

# Posté le dimanche 29 mars 2009 14:52

Modifié le lundi 30 mars 2009 14:57

Idiot

 Idiot


________________________Où M. fabrique un sorbet à la fraise________________________
________________________Où M. fabrique un sorbet à la fraise________________________
________________________Où M. fabrique un sorbet à la fraise________________________

. . .__I n g r é d i e n t s__. . .

___________________________________________- un retour à l'étymologie
___________________________________________- une référence à la singularité
___________________________________________- des fraises
___________________________________________- de la crème
___________________________________________- de la glace salée
___________________________________________- un humour caustique
___________________________________________- tout ce qui fait écart à une norme édictée par la société
___________________________________________- une attaque du bon sens
___________________________________________- et la notion de bête ?
___________________________________________- tout ce que vous pourrez dire
___________________________________________- de l'immaturité
___________________________________________- un refus de la norme
___________________________________________- un refus net de la pensée commune
___________________________________________- de l'immaturité (encore, oui, mais assumée cette fois)
___________________________________________- de la naïveté qui rend clairvoyant
___________________________________________- un calamar
___________________________________________- une autre réalité

# Posté le mardi 31 mars 2009 15:14

Modifié le mercredi 01 avril 2009 15:34